lundi 15 janvier 2007

22 mars 1991

Je suis encore tellement sous le choc que je me souviens de la date : 22 mars 1991. C’était un vendredi, à la visitation du May. Après la messe, je restais à la prière médiane. Les sœurs chantaient le psaume 118, semaine I.
Tout à coup, le verset 30 :
« J’ai choisi la voie de la fidélité, je m’ajuste à tes décisions ».
C’est ce terme d’ajustage qui m’a fait choc. J’étais d’accord pour la première proposition, j’avais choisi, je choisissais le chemin de la fidélité.
Pour la deuxième proposition, me voilà mis devant l’atelier : « je m’ajuste à tes décisions ». Je « m’ajuste »… Mon engagement n’est plus l’à peu-près d’une vie bricolée au grè du temps qu’il fait de mon état d’âme, de mes caprices, c’est l’ajustement d’aciers limés fin, ajustés à quelle précision ?
Il ne faut pas tricher, il y a un contrôle, une vérification, tout pièce défectueuse est mise au rebut.
« Seigneur, j’avais bien prévu ma journée, en détail et voici qu’il pleut, c’est fichu pour bêcher, c’est ennuyeux pour sortir en scooter ; je suis pressé, le feu est rouge ; quelqu’un veut me voir ; y a un appel urgent au courrier ou au téléphone, et c’est dans cet engrenage que tu m’invites à vivre, la fidélité, dans ces appels réels et pas rêvés. Seigneur, je veux m’ajuster à tes décisions, je ne suis qu’un apprenti à l’atelier de la vie, que je sois un ramage sans faille, sans bavure, sans défaut. »

Gérard

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