lundi 15 janvier 2007

Sauvés ensemble !

- « Et moi ? Et moi ? Et moi ?
- « Tais toi ! – « Et moi ? – tais-toi !
Non, te tais pas, petit, « t’es toi »
Ton cri est un cri auguste !
Le cri des petits et des humbles de la terre
« t’es toi », c’est un cri de dignité et de solidarité… Mais enfin Gérard, où veux-tu en venir ?

… aux soirées qui ont lieu cet hiver et ce printemps dans le département, du 18 février au 15 avril 1997 :
2 en février : « février est de tous les mois le plus court et le moins courtois »
4 en mars : « gare aux giboulés ! »
4 en avril : « en avril ne te découvre pas d’un fil » c’est bien vrai en chartreuse !
4 le mardi soir ; le mardi gras était déjà passé…
6 le vendredi : « tel qui rit vendredi, dimanche pleurera »

Où donc ? Dans la Bièvre, dans le Nord Isère, dans les Terres Froides, à St Georges, à St Christophe (mais ces 2 saints ont-ils bien existés ?) à St Etienne, à St Romans (je ne trouve sur le petit Robert que le Roman comique, le Roman de la Rose et le Roman de Renard) à Monestier (le monastère).

Cri des enfants qui, en leurs conseils municipaux d’enfants,
Veulent que les adultes fassent avec eux et non pour eux.
On aménage leur temps. Auront-ils le temps de rêver et de jouer ?
Pour eux, jouer, c’est sérieux.
Les villages sont éparpillés et pourtant la dynamique d’une commune part de l’école.
En classe unique ou en classes regroupées,
Les enfants apprennent l’autonomie et la responsabilité.

L’intercommunalité est même depuis des années déjà
Mariage de raison, ou mariage d’amour !
Il nous faut passer d’une intercommunalité de gestion
à une intercommunalité de projets
et pour cela, il nous faut nous informer, communiquer, trouver des « lieux » d’expression.
La fiscalité peut-être un frein ou un atout
Pour plus d’inégalités ou plus de solidarité.
Le débat n’a pas fait recette et pourtant les commissions cadastrales sont très intéressantes !

Non, la désertification n’est pas une fatalité dans les petites communes de montagne !
Des hommes, des femmes se battent contre la pure rentabilité économique :
Ils ont un atout : la culture, la culture séculaire de ces petits pays.

Les déchets ? C’est un problème de société,
Leur production et leur traitement.
Veiller à leur réduction à la source.
En faire prendre conscience les urbains sans les dresser contre les ruraux.

Ruminant tout cela en équipe, à Parmenie, nous pensions à St-Paul dans sa 1ère lettre aux Corinthiens 1212
« De même que le corps est un et que tous les membres ne forment qu’un seul corps ainsi en est-il du Christ. » Et différents membres : le pied, la main, l’oreille, l’œil reprennent le cri :
Et moi ? Et moi ?
Même les plus faibles, les moins honorables, les moins décents.
Paul conclut : 1227 « Or vous êtes le corps du Christ et chacun de vous est l’un de ses membres ».

Personne ne se sauvera seul,
Nous nous sauverons, nous serons sauvés, ensemble :
Enfants, écoles, communes, pays,…

Gérard

La vie est possible

A mon autoradio, la chanson de Hugues Aufray s’impose : « Dès que le printemps revient… » faisant écho à un cantique : « Comme le printemps le Christ est revenu. »
C’est vrai, le printemps est bien là. Mais Pâques ne serait-elle qu’une fête de la nature, dans la ronde des saisons, chaque année ?
Hélas dès le mois de juin les jours vont décroître ; nous désirons plus que cela.
- Prendrons-nous nos désirs pour la réalité ?
- Oui, car au matin de Pâques, cela devient évident pour les croyants, c’est la Réalité, la Réalité de Dieu qui mène, ce n’est plus nous qui menons : le caveau est ouvert, il est vide.
En Jésus, Dieu qui nous aime, est plus fort que la fatalité, la mort et la routine. Nous pouvons ressentir sa présence. « Cette divine douceur » même sur un lit d’hôpital.
Des hommes aussi sensés que Pierre, qui avait les pieds bien sur terre, que Bruno ce chercheur de Dieu et l’innombrable foule des croyants de toutes les époques se seraient-ils trompés ? Non, mais il y a un secret, une manière d’appréhender le Ressuscité. Des croix n’ont plus le Crucifié, il nous précède (ressuscité) en Chartreuse.
Tiens, une fontaine d’eau potable s’est remise à couler dans un village. Autour de nous, des hommes, des femmes se remettent à espérer.
La vie est possible.
Gérard

Prière Eucharistique

J’entendais récemment, un prêtre proclamer la 4ème prière eucharistique : « pour accomplir le dessin de l’amour de Dieu, Jésus s’est livré à la mort ».
Je me réjouis que le Seigneur fasse des dessins, qu’il dessine.
Et que dessine-t-il ? Il fait les dessins de son amour.

La parole de Dieu est faite pour être proclamée à haute voix, elle m’aide à les déchiffrer :
- Philippiens 213 : Dieu fait en vous le vouloir et le faire selon son dessin bienveillant.
- Timothée 14 : le dessin de Dieu se réalise par la foi.

Je me demande ce qu’il dessine de ma vie, de celle du Peuple de Dieu local.
Quelle bobine me fait-il ?

Dieu artiste, Dieu dessinateur, je t’adore en tes dessins.
Gérard

Boucherie

Je n’aime pas la boucherie mais j’aimais m’arreter chez le petit boucher de cette rue. Pourquoi ?
Parce que je passais par là pour rentrer à Coublevie. Je garais facilement mon scooter devant sa boutique, il y avait un espace pour que puisse stationner un automobiliste handicapé : le dessin évoquait un fauteuil roulant. C’est fou ce qu’il doit y avoir de paralysés à Voiron, la place était toujours prise.
Au début, mon boucher cherchait à m’apprivoiser. Il me parlait de la pluie, du beau temps, puis de Saint Guillaume, son village, ou il rentrait souvent. Il y avait sa femme et sa fille.
Dans sa boutique, je rencontrais parfois une dame souriante que je retrouve le samedi soir, à l’Eucharistie. Elle porte une lourde épreuve.
Une autre femme m’accoste : « Père, je veux faire bénir une croix pour le baptême du petit » Décidement, je ne peux pas faire mes achats incognito.
Les petites annonces des clients me laissaient perplexe : « Vends jeune cheval, affectueux ». N’est-ce pas contradictoire ? et dans une boucherie, d’un gout douteux.
« Loue appartement dans un immeuble, adresse… bien fréquenté ( !) sic et pourtant je ne l’habite pas !
Notre boucher, soudain, est tombé gravement malade. Sa cliente souriante l’a retrouvé, en partie paralysé, dans une maison, en Savoie. La boutique est à vendre.
Il s’en passait des choses dans cette boutique !
Gérard

12 Saint Valentin par an ! Le 14 n’oubliez pas !

Le 14 de chaque mois, une journée de prière pour les couples en difficultés…
J’apprends souvent des divorces ici ou là. Bien des familles sont atteintes dans l’un ou l’autre de ses membres. Dans un village, tous les foyers d’une rue sont divorcés. Les enfants et les jeunes de 17, 20 ans ou même plus, enfants de divorcés, ont bien de la peine à se situer dans la vie. A un mariage, une des belles mères a fait la tête parce que l’on avait pas mentionné sur le faire part du mariage de son fils le nom de son « ami », de son « copain », mais comment les jeunes mariés auraient-ils pu le présenter ?
Chacun pourrait raconter des anecdotes.

Un autocollant pour y penser

Plutôt que d’en rire, plutôt que de se lamenter, je propose de prier pour l’amour conjugal et sa solidité. Implorer, supplier, adorer le Seigneur, seul, en couple, en famille, entre amis, pourquoi pas en Equipe ou en communauté.
Le 14 de chaque mois, parce que le 14 février ne revient qu’une fois l’an et nous avons tant à faire. Le 14 février, Saint Valentin, la fête des amoureux, la fête des couples heureux. Le 14 septembre c’est aussi la fête de la Croix plantée au cœur de nos vies, victorieuse malgré tout. Si vous voulez, vous pouvez placer cet autocollant sur votre voiture. C’est une façon de marquer votre prise de conscience de ce manque d’amour, c’est une façon de dire : je me mets en route pour que le règne de Dieu avance et le 14 de chaque mois j’ai une pensée, une prière à cette intention particulière.
Pour trouver l’autocollant marque de notre résolution, s’adresser à Gérard Dye, Cure de Saint Joseph de Rivière. Tel. 04-76-55-18-40.


Gérard

sans titre 2

Sur l’église d’un village, un petit écriteau en couleurs : « l’église est ouverte ». Ca m’a fait tout drôle.
C’est l’hiver, la porte était tirée, l’affiche voulait dire : « la porte est ouvrable ».
- Sans cette indication, l’aurais-je poussée ? aurais-je essayé d’entrer ? Pas sûr. Certaines vieilles portes sont difficiles à ouvrir, elles ont un secret…
- Aurais-je eu ennuie de visiter le Seigneur en sa maison ?
« L’église est ouverte » comme si on écrivait à la vitrine d’une boulangerie : « Ce pain est mangeable ». Je me souviens de l’histoire de Fernand Reynaud : « Ici, on vend des oranges pas chères » Son interlocuteur lui fait supprimer peu à peu chaque mot.
L’église est ouverte, l’église ouvre, on peut entrer. C’est évident, dira-t-on. J’en doute un peu…
De même qu’il y a un secrêt pour ouvrir certaines portes, je crois que, tout à coup, des cœurs perçoivent le mystère, qu’il y a un secret vital, accessible ; à quelles conditions ? C’est la réalité de la vie chrétienne faite de désir, d’expérimentation et de conduite, en Eglise. L’Eglise introduit à Jésus.
Je suis rentré. C’était peu éclairé, à gauche il y avait une inscription : « Bâtissez » Etait-ce du vieux Français ? Ah, j’ai compris. C’était le lieu où se bâtissait la communauté, où elle baptissait ses nouveaux membres.

Gérard

22 mars 1991

Je suis encore tellement sous le choc que je me souviens de la date : 22 mars 1991. C’était un vendredi, à la visitation du May. Après la messe, je restais à la prière médiane. Les sœurs chantaient le psaume 118, semaine I.
Tout à coup, le verset 30 :
« J’ai choisi la voie de la fidélité, je m’ajuste à tes décisions ».
C’est ce terme d’ajustage qui m’a fait choc. J’étais d’accord pour la première proposition, j’avais choisi, je choisissais le chemin de la fidélité.
Pour la deuxième proposition, me voilà mis devant l’atelier : « je m’ajuste à tes décisions ». Je « m’ajuste »… Mon engagement n’est plus l’à peu-près d’une vie bricolée au grè du temps qu’il fait de mon état d’âme, de mes caprices, c’est l’ajustement d’aciers limés fin, ajustés à quelle précision ?
Il ne faut pas tricher, il y a un contrôle, une vérification, tout pièce défectueuse est mise au rebut.
« Seigneur, j’avais bien prévu ma journée, en détail et voici qu’il pleut, c’est fichu pour bêcher, c’est ennuyeux pour sortir en scooter ; je suis pressé, le feu est rouge ; quelqu’un veut me voir ; y a un appel urgent au courrier ou au téléphone, et c’est dans cet engrenage que tu m’invites à vivre, la fidélité, dans ces appels réels et pas rêvés. Seigneur, je veux m’ajuster à tes décisions, je ne suis qu’un apprenti à l’atelier de la vie, que je sois un ramage sans faille, sans bavure, sans défaut. »

Gérard

5 avril 1989

Nous faisons le tour….
Le tour du monde ?
Le tour de la Mer de Galilée…

En ce royal domaine, nous avions rencontré un moine joyeux, barbu, rayonnant…
Il faisait gris.
Et tout à coup, au détour de la route, ce fut « l’embellie », un sourire de Dieu, un beau soleil rajeuni
Pour toi,
Pour moi,
Pour nous, mais je soupçonne fort que d’autres en ont profité.
Tant mieux pour eux !

(Chanté)
Mon Dieu, vous êtes bon
Je suis un heureux homme
Quand j’vois pousser sous le soleil
Tous ces jolis pépins de pomme,
Mon Dieu, vous êtes bon.

Gérard

Flash sur la pastorale en paroisse

Une femme vient me trouver :
« Monsieur le Curé, je voudrais une messe »
Nous convenons d’un jour et elle me tend un gros billet :
« Vous ferez l’appoint, Monsieur le Curé, vous ferez l’apoint ».

J’en suis encore effrayé…

Faire l’appoint au sacrifice du Christ, de la Cène, du jardin de Gethsémani jusqu’à la Croix, cloué…. Est-ce donc ça être prêtre ? Et ce que suis-je moi, Gérard, pauvre petit prêtre de paroisse ?
Gérard

sans titre 1

Dans la cour de la Maison paroissiale, devant la salle de catéchisme, y a des papiers de bonbons, abandonnées là, sur les cailloux ou dans l’herbe.
Tout de go, en levant la main, je demande à un groupe d’enfants :
- Qui veut m’aider ? Qui veut m’aider ?
Quelques uns répondent : « Moi, moi » en levant le doigt. D’autres : « A quoi faire ? »
Quand ils sont trois ou quatre bien décidés, je réponds : « A ramasser les papiers avec moi »
- Mais c’est pas moi qui les ai jetés !
- Je ne t’ai jamais dit que c’est toi qui les a jetés. Si tu veux, ramasse-les avec moi.
- Répare avec moi. Avant de savoir qui est coupable, aide-moi à réparer le monde. Engage-toi avec moi, le monde sera plus pur, plus beau. C’est ça la redemption.
Là il n’y a pas de chômage. Tous peuvent travailler, à tout age.
Jésus leur dit : Demeurez ici et veillez avec moi. Matthieu 2637
Quand les papiers sont ramassés, je leur donne des bonbons à tous.
« Pourquoi as-tu l’œil regardant parce que je suis bon ? » 2015

Gérard

le 17 juin 1993

Beaucoup célèbrent le 18 juin. A Coublevie, nous commémorons le 17 juin 1993.
Ce jour-là a été mis en circulation le nouveau rond-point au carrefour de trois routes.
Il a fallu s’y habituer, apprendre à entrer dans ce giratoire. Ces messieurs de l’équipement ont même dû donner des leçons particulières à un chauffeur de la commune.
C’est une révolution que ces giratoires :
- on ne peut s’y engager que si la voie est libre
- tout véhicule venant de gauche a priorité.
Pour une fois, ne joue pas la sacrosainte priorité à droite. Cela demande un changement dans la manière de conduire, une « conversion automobilistique ».
Dans la Bible, la droite de Dieu, c’est sa main puissante, qui nous protège :
Ta main me conduit
Ta droite m’a saisi
Tu as posé sur moi ta main.
Dans les giratoires, celui qui vient de gauche est prioritaire. Je vois là un affinement de la conscience personnelle : le petit, le faible n’est-il pas porteur de Dieu ?
A priorité, celui qui est déjà engagé. Mais pour être engagé, il faut s’engager, il faut s’être engagé. Ou en sommes-nous ?
Aux carrefours de nos routes, Dieu est présent. D’ailleurs, l’équipement nous l’indique avant que nous n’entrions dans la ronde mystique « Vous n’avez pas la priorité ».
C’est évident, le Père, le Fils et l’Esprit nous précèdent et nous aiment.

Gérard

2 échelles

Moi, en ces temps qui courent pour vivre à la hauteur, j’ai besoin de 2 échelles :

1)Une échelle, vieille déjà, solide, peut-être un peu lourde, quoi que… elle m’indique les valeurs de l’Evangile, les béatitudes, les paroles-fondement de Jésus : c’est « l’échelle des valeurs ».

Je la vérifie avec d’autres, j’aurais peur de l’abimer tout seul, l’examine chaque mois avec des amis prêtres et lors de rencontres avec des hommes et des chrétiens de tout genre, qui me révèlent son authenticité, sa grandeur et son caractère vénérable.

2)Une autre échelle, récente, extensible et rétractable suivant les saisons et le travail qui m’est demandé, mon état de vivant aussi. C’est l’échelle de mes occupations.

Il y a d’abord ce que je dois faire pour être vivant : manger, boire, dormir, me détendre, prier… Il y a ensuite mon travail programmé sur mon carnet latin : ma agenda. Mais il y a surtout tous les imprévus : la neige, les enterrements, les évènements quotidiens, soudains : les visiteurs à accueillir et les visites à faire vite. Je dois alors compresser mes occupations prévues ou les supprimer. Heureusement que mon échelle est coulissante ! Et cela, en quelques minutes ! Gare à moi s’il n’y a pas assez d’huile. C’est urgent ! Urgent !! Urgent !!!
Mais voyons qu’est-ce qui est de 1ere urgence, de 2ème urgence, de 3ème urgence ? Et je retrouve ma première échelle. L’une calant l’autre, elles touchent le ciel. Sacré Jacob !

Gérard

Pompons, pompons et repompons

Pompons, pompons et repompons, Pompons gaiement, pompons encore,
Il faut engrener, engrener la pompe du respect, de l’écoute fraternelle, de la communication, du partage, de la réconciliation dans les familles, dans les quartiers, dans les hameaux, dans nos villages campagnards et montagnards, dans nos villes, dans nos pays.
Beaucoup ont perdu l’habitude de pomper, la vieille pompe a rouillé, les barrières ont monté, le « quand à soi » grandi. Nos campagnes se sont glacées, désertifiées.
Alors pompons, repompons comme de bons pompiers. J’aime beaucoup les pompiers avec leurs uniformes noirs et rouges, avec leur bip-bip, ils viennent toujours quand on les appelle.
Mais je suis aussi un incendiaire, je veux allumer le feu de la confiance en Jésus Christ, de l’amour ; le feu qui purifie, le feu qui brûle, le feu de l’Esprit.
Il met parfois longtemps à couver, mais attention à lui, le vent souffle où il veut.
Prenez garde aux incendiaires. Vite, des pompiers ! Et si c’étaient les mêmes ?

Gérard.

J’aime beaucoup les pommes

Gaston : « Si Sœur M.Odile nous donne encore des pommes, c’est une catastrophe… ! »
« Il nous faut accueillir les dons de Dieu, car avec les pommes, viennent les pépins. Mais ce qu’il y a de merveilleux, c’est que les pépins donnent les pommes ! »

(Chanté)
Mon Dieu, vous êtes bon, je suis un heureux homme, quand je vois pousser, sous le soleil, tous ces jolis pépins de pommes, mon Dieu, vous êtes bon.

Gérard.